Pluies diluviennes et catastrophes naturelles en Côte d’Ivoire/La plupart des victimes «préparent leur suicide »

Par Haidmond Kaunan/afriquematin.net

Les scientifiques dans leur ensemble ne disent-ils pas que « les mêmes causes  provoquent les mêmes effets » ?  Mais pourquoi n’arrête-donc  pas de construire sur les caniveaux et les bouchers avec des pneus réchappés et des ordures ménagères? Pourquoi  refusons- nous toujours de quitter les sites jugés «zones à risques»? Et pourtant nul n’ignore que des pluies diluviennes avec leur cortège de catastrophes sont attendues chaque année à la même période. Tous ces constats démontrent clairement que la plupart des victimes préparent eux-mêmes leur suicide.

 Comme nous l’avons toujours dénoncé, les caniveaux censés faire évacuer  les eaux de ruissellement et les eaux souillées issues des ménages servent à autres choses. Des habitants des villes comme Abidjan qui  en principe, n’ont pas leur place en ville, jettent tout ce qui ce qui  ne leur sert plus, après usage, dans les canaux d’évacuation des eaux. Chaque année le gouvernement à travers l’office nationale de la protection civile(Onpc) somme des habitants des sites à risques de quitter les lieux. Certains occupants de sites dits à risques ont souvent été dédommagés et reçu le soutien de l’Etat depuis 1998 afin de payer des cautions pour des nouveaux loyers mais ils ne sont jamais partis. Ils croient toujours à leur chance.. Et chaque fois qu’il s’est produit des incidents, des pertes en vies humaines, le ministère de la solidarité les a toujours assistés. On pourrait même se demander si ces pères de famille n’attendent pas la même période pour sacrifier leurs enfants en vue de se faire indemniser.

A l’intérieur du pays et précisément  dans les zones rurales on peut être surpris par la puissance de l’eau comme il en a été le cas dans  la région de San Pedro l’année dernière. Où des rivières sorties de leur lit avaient ont coupé la ville et le port autonome du reste du monde, en endommageant jusqu’à deux ponts. Celui  reliant la ville portuaire à celle de Tabou et l’autre qui le relie la ville  de Soubré. Ce cas de figure qui pouvait paralyser l’économie devrait être une priorité pour le gouvernement. Ce qui avait été vite  fait quand on sait que le palmier à huile du département de Tabou, le cacao de la sous-préfecture de Grabo, le caoutchouc de Grand-Béréby, et les matières premières en provenance du département de Soubré et de tout le grand-Ouest ne pouvaient être écoulés au port autonome de San Pedro. Cependant ces cas de suicide préparé par des victimes elles-mêmes ne sauraient constituer une priorité pour l’Etat.