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Décret du gouvernement ivoirien/ Enfin l’Etat décide de prendre ses responsabilités contre la fuite des matières premières !…

Par Haidmond Kaunan/afriquematin.net

Enfin le gouvernement décide de prendre ses responsabilités face au trafic de ses matières premières, en l’occurrence le cacao, le café, la noix de cajou… vers les pays limitrophes. Et ce, après que des bandes bien organisées dans ce pays, se sont bien servies et se sucrées sur le dos des « braves paysans » qui ne savent pas, eux aussi, ce qu’ils veulent. Mais pourquoi maintenant ? C’est la curieuse  question  qui s’impose.

« Aucun trafiquant ghanéen ne peut colporter plus de deux sacs de cacao sur l’épaule ou sur la tête pour se retrouver de l’autre côté de la frontière. Ce sont nos frères ivoiriens eux-mêmes qui s’organisent pour faire sortir le produit avec la complicité des forces de l’ordre à qui ils versent des frais. Chacun y trouve son compte, depuis le sommet jusqu’à la base », confie Aka Diamba, planteur et secrétaire général d’une société coopérative dans le département d’Abengourou. Et Sermé Karim, le président de conseil d’administration  de cette société d’ajouter que « les producteurs ne gagnent rien avec les trafiquants. A peine ils achètent le produit ils disparaissent. Ils ne peuvent pas investir dans votre cité ou votre canton. Or en déposant votre produit à la coopérative, vous bénéficiez des produits phytosanitaires et des réalisations faites par la coopérative, dans votre localité… ». Ces propos ont été tenus, la semaine dernière, à l’occasion de la remise d’une pompe hydraulique à motricité humaine  à une communauté dans le canton Aniassué, dans le département d’Abengourou, par les responsables d’une société coopérative. Aussi, tout porte à croire qu’il y a eu assez de gâchis. La fuite des matières premières tels que le café à l’Ouest, l’anacarde au nord et à l’Est de la  Côte d’Ivoire se fait aisément.  Cependant le cas de   la région de l’Indénié-Djuablin est un tableau sombre et  triste. On vend son cacao, son café et sa noix  de cajou, aux trafiquants ghanéens à visage découvert. Et l’Etat au lieu, de prendre des mesures vigoureuses tenait que des discours, feignant de lutter  contre la  fuite. La campagne café-cacao dans cette région a toujours été  une période de vache grasse, pour ceux qui se connaissent. Les coopératives dignes de ce nom, ont toujours tenté, à leur manière de lutter contre le fléau. Quand bien même elles reconnaissent leur impuissance face à cette machine soutenue par ceux qui devraient la combattre. L’Etat et les multinationales font officiellement  de cette région une «zone rouge » au lieu d’assumer ses responsabilités, au moment où, à cause du changement climatique et ses effets, tous les pronostics de faire une surproduction nationale en cacao a été déjouée par la nature. Condamner à dix(10)ans de prison avec cinquante (50) millions d’amende  tout producteur, tout exportateur illicite…pris la mains de le sac… est une bonne  décision pourvue qu’elle soit réellement appliquée et suivie. Qu’elle ne soit pas une occasion de créer encore une aubaine pour ceux qui s’organisent et mangent tranquillement.